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    4/4 - Une constellation

    Du 19 septembre au 25 octobre 2015

    Carte blanche à quatre commissaires d’exposition.

    Une exposition en quatre mouvements, qui réunit des curatrices venues de Paris, Bruxelles, Barcelone et Leipzig, invitées en Bretagne par le nouveau programme de résidence GENERATOR*.

    Les quatre commissaires invitées, Marie Bechetoille, Lætitia Gorsy, Michela Sacchetto et Veronica Valentini, développent au Quartier des projets indépendants qui se répondent de manière singulière. Si la visite d’un atelier d’artiste a de quoi surprendre – un laboratoire d’odeurs, une usine désaffectée, un studio son, un écran d’ordinateur…. – , c’est à l’image de la diversité des pratiques rencontrées. Le contexte particulier d’une résidence et la poursuite d’échanges lors de la préparation de l’exposition, ont contribué à tisser des liens qui se manifestent a posteriori. 4/4 - Une constellation met ainsi en avant les travaux de vingt-six artistes engagés sur une scène artistique commune et articule parallèlement un certain nombre de questions  : quel est le rôle du commissaire dans une exposition collective, de quelle manière les artistes sont-ils associés, comment le centre d’art participe-t-il à la production d’œuvres nouvelles et à leur réception  ?
    La figure du commissaire d’exposition (ou curateur/trice) regroupe des réalités très différentes. Endossant le rôle du critique d’art, du passeur, voire du commanditaire, il/elle revendique généralement une position d’auteur par l’agencement spécifique de formes et de sens. Parfois contestée, cette figure est aujourd’hui très présente car elle accompagne une conception de l’œuvre qui déborde l’objet pour s’adosser à des situations qui les fondent et les propagent : les expositions. Phénomène relativement récent, l’histoire de l’art se voit ainsi concurrencée par une histoire des expositions en cours d’écriture.
    En commandant des diptyques à cinq artistes sur les sources de leur travail, Lætitia Gorsy interroge de manière paradoxale le contexte institutionnel qui cadre les modalités d’apparition et de médiation des œuvres – comme celles des artistes et des commissaires. Elle brouille encore les pistes en exposant son propre travail d’artiste sur un papier peint, en réponse à l’invitation de Marie Bechetoille. De nature protocolaire, le projet de cette dernière propose d’investir un mur par salle en collaborant avec chaque commissaire sur le choix d’un artiste. Le caractère éphémère des papiers peints met l’accent sur la dimension générative des projets et l’importance du dialogue. Michela Sacchetto propose, quant à elle, d’examiner le réseau de relations qui rendent l’œuvre possible. Tandis que Veronica Valentini s’intéresse aux processus d’apparition et de disparition des œuvres et de l’exposition. Parce qu’une exposition n’est pas une simple addition d’œuvres mais le fruit d’une recherche et d’un engagement de terrain, les commissaires donnent à voir la fragilité des liens qui la composent dans un étoilement poétique.

    * GENERATOR est un programme qui fédère et met à la disposition de jeunes artistes et commissaires d’exposition les compétences critiques et techniques réunies en Bretagne, territoire dynamique composé de nombreuses structures d’art contemporain dédiées à l’exposition, la collection, la recherche, l’édition. Le Quartier est partenaire du programme GENERATOR, porté conjointement par 40mcube et l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne (Brest-Lorient-Quimper-Rennes), en association avec les centres d’art La Criée (Rennes), Passerelle (Brest), la galerie du Dourven (Trédrez-Locquémeau), le Frac Bretagne (Rennes), les Archives de la critique d’art (Rennes) et l’entreprise Self Signal.

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    Exposition 1/4  : Présentation Officielle
    Commissaire  : Lætitia Gorsy
    Artistes  : aurélie Ferruel & florentine Guédon, Samir Mougas, Francis Raynaud, Yoan Sorin, Éva Taulois


    Présentation Officielle met en lumière six artistes français de la même génération et propose un parcours labyrinthique, créant une composition vibrante au langage graphique affirmé. L’intitulé de l’exposition fait référence au protocole «  officiel  » d’introduction et d’identification d’un objet, d’un film ou d’une personne face à un public ciblé.
    En adoptant la forme du diptyque, les artistes sont invités à parler d’eux, à dresser leur autoportrait, à présenter leur passeport officiel d’acteur dans une scène culturelle contemporaine donnée, et ainsi à partager une référence actuelle comme leur ultime source d’inspiration (note littéraire, objet du quotidien, portrait d’un artiste au travail ou image vernaculaire).
    Parallèlement, chaque artiste investit un socle mis à disposition dans la salle, pour accompagner son diptyque d’une pièce issue d’une série passée ou in progress. Des connexions conceptuelles se créent dans les interstices d’une exploration de champs communs, où l’existence, le vécu et l’expérience, par fuite ou par affront, fabriquent des formes, des objets, des histoires. À travers cette cohabitation générationnelle, qui se ressent tant dans dans «  les formes  » que dans les questionnements, on comprend bien les orientations spécifiques qui nouent le désir du jeune artiste et celui du jeune curateur à «  faire  » et à «  montrer  ».
    C’est ainsi que Samir Mougas et Francis Raynaud, créateurs de formes aux matériaux curieux, répondent, dans un face à face nerveux, aux œuvres fonctionnelles et minimalistes d’Éva Taulois. Cette dernière nourrit son travail de références populaires, à l’instar de Ferruel et Guédon qui réalisent un travail obsessionnel et prolixe sur le code identitaire. Ces approches cohabitent avec celle de Yoan Sorin, dans l’idée d’une ouverture possible aux débats sociaux et culturels actuels. Le papier peint réalisé par mes soins répond à l’invitation de la curatrice Marie Bechetoille et crée des espaces imaginaires où la perspective de nouveaux champs d’actions artistiques devient possible.

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    Exposition 2/4  : We got to be together – l’une ou l’autre équivoque
    Commissaire  : Michela Sacchetto
    Artistes  : Julie C. Fortier, Vincent Malassis, géraldine Py & roberto Verde, Catherine Rannou, Gaëlle Rétière & Élise Sorin, The Fine Art Collection, Capucine Vever


    «  (…) I knew it wouldn’t be much of a poem
    But I love the title.  » Wendy Cope

    We got to be together sollicite les liens d’alliance, sous forme de constellation, de correspondance, de consensus, d’affinités électives. L’exposition répond à la volonté de regarder les liens existants entre les sujets, les objets et les lieux, à travers le prisme de la pratique artistique, du jeu et du rituel. Ou vice-versa, de voir l’art à travers la prémisse selon laquelle «  les personnes sont intégralement constituées par leurs relations  ». Elle met en scène un bout du récit multiple et réflexif du «  faire avec  », intrinsèque à la production de l’exposition et des œuvres. Dans les espaces creux laissés par les structures qui projettent sur l’altérité une identité bien trop figée, il y a tout le potentiel des alliances impermanentes, produites avec du désir, du jeu, de l’humour. S’allier, c’est devenir, transformer, traduire. On y trouve ce «  faire avec  » les humains et les extrahumains, par le biais d’une pratique rhizomatique de la parenté, qui place toute alliance sous les signes de la multiplicité et de la différence.
    Répondre à une invitation et la transmettre à son tour, c’est déjà bel et bien produire des alliances.
    En se plaçant de façon approximative dans cette perspective, We got to be together convoque des expériences de suivi et de dérive, de court-circuit entre langages lointains, de transpositions de partitions visuelles en musique et de slogans politiques en jeu mnémonique, d’inductions de comportements emphatogènes, à travers l’olfactif, de transmissions orales de récits et de rituels occultes.
    Les installations, les collections d’objets, les pièces sonores, les odeurs et les dérives conviées dans le centre d’art, télescopent dans le lieu les constellations de rencontres qui les ont constituées ou qui s’activeront dans le cadre de l’exposition. Non pas en vue d’une union rassurante et essentielle, mais au contraire à travers une dynamique gaie et risquée faite de disjonctions et d’équivoques. L’équivoque, c’est ce qui produit la relation, dans la mesure où elle est la rencontre avec toutes les perspectives différentes, par rapport à celles assumées à un moment donné. Si l’on fait avec et ensemble, l’on fait tout en équivoquant.

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    Exposition 3/4  : Elle se réalise elle-même en même temps qu’elle fait sa route
    Commissaire  : Veronica Valentini
    Artistes  : Virginie Barré/Florence Paradeis/Claire Guezengar, Laurent Duthion, Benoît-Marie Moriceau, Catherine Rannou, MÉlanie Villemot


    Elle se réalise elle-même en même temps qu’elle fait sa route est une exposition qui a surgi lors des déplacements dans le cadre d’une résidence artistique, et qui joue avec les modalités d’apparition des œuvres et de l’exposition. Elle interroge les notions de circulation des signes et de révélation de l’espace, mettant en avant les liens contextuels entre le visuel et le verbal, le sensoriel et le conceptuel, l’affectif et l’effectif.
    Mélanie Villemot peint en or les passages à l’entrée et à la sortie de la salle d’exposition avec un léger débordement. Cette œuvre réalisée in situ convoque le sentiment d’un monde immatériel, tout en exploitant les réflexes de lecture inscrits dans l’inconscient collectif. Benoît-Marie Moriceau, met en jeu les mécanismes de révélation des œuvres en associant des états de sa recherche aux conditions de visibilité d’une phrase écrite sur une plaque de verre iridescente. L’installation Formes secondaires de Laurent Duthion est un aquarium d’où émerge par moments une espèce particulière de poissons aveugles, dépigmentés et rosâtres ayant évolué dans des habitats dépourvus de lumière. En frôlant les parois et la surface de l’eau blanche, ils génèrent un trouble optique récurrent. «  Secondaires  » est aussi le terme qui désigne les forêts ayant repoussé naturellement après avoir été exploitées ou détruites. Dans Colonisations, Catherine Rannou filme les « regrowforests » apparues en Tasmanie, dont on prend connaissance grâce à la diffusion d’une fréquence radiophonique de voiture donnant à entendre des langages différents et des chants d’oiseaux méconnus. Enfin, plongés dans un monde fantomatique de références et de genres mixtes, l’esprit Odette Spirite de Virginie Barré, Florence Paradeis et Claire Guezengar, revenu suite à une séance de spiritisme, nous conduit en pèlerinage pour nous communiquer quelque chose d’indicible.
    Nourrie de courants théoriques tels que les pensées décoloniales, la géographie critique et l’art conceptuel, l’exposition Elle se réalise elle-même en même temps qu’elle fait sa route propose d’altérer les conditions du regard et d’emprunter des chemins de dérives imaginatives.

    L’édition Le rond-point de Lududu ou l’entretien monstrueux propose une cartographie du dialogue, constituée par un texte et des entretiens.

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    Exposition 4/4 : Le Détour
    Commissaire  : Marie Bechetoille
    Artistes  : Laëtitia Badaut Haussmann, LÆtitia Gorsy, Bruno Peinado, Guillaume Pellay


    Le projet Le Détour a été conçu dans le cadre de l’exposition 4/4 – l’invitation à quatre commissaires d’investir les quatre salles du centre d’art contemporain Le Quartier. La proposition est de produire avec des artistes des papiers peints qui entrent en dialogue avec l’espace et avec les projets curatoriaux de Lætitia Gorsy, Michela Sacchetto et Veronica Valentini.
    Dans la première salle, Lætitia Gorsy, artiste et commissaire, a été invitée à réaliser un papier peint dans sa propre exposition. Elle déploie un paysage à la fois réel et virtuel intitulé Offspace qui révèle la possibilité de concevoir par la couleur des espaces d’actions et de paroles en écho à sa pratique curatoriale. Les artistes Guillaume Pellay et Laëtitia Badaut Haussmann ont chacun imaginé leur papier peint au regard des projets de Michela Sacchetto et de Veronica Valentini. Le projet de Guillaume Pellay présente les pages d’un cahier dont il avait entrepris de recopier les lignes il y a quelques années. Le titre Du temps de lecture et d’écriture neutralisées indique la nécessité de composer par le geste et sa répétition un espace propice à l’égarement. Avec Skip the Small Talk, Laëtitia Badaut Haussmann prend pour point de départ The Yellow Wallpaper (1892), un texte de Charlotte Perkins Gilman décrivant le déclin vers la folie d’une jeune femme séquestrée dans sa chambre. Au dos du papier peint de couleur jaune, des messages trouvés sur les réseaux sociaux prônant les clés de la réussite apparaissent de manière inversée pour devenir des motifs. Par cette association, l’artiste évoque la puissance des normes sociétales et donne à voir le décor d’une violence quotidienne masquée.
    Sans titre, généalogie à géométrie variable 8 est une nouvelle occurrence d’un motif de papier peint que Bruno Peinado utilise sous différentes formes depuis 2002. L’artiste s’est inspiré de la galerie des portraits de famille des pages intérieures des albums de Tintin. Les cadres ont été décrochés, il ne reste ici que leurs traces questionnant la notion d’héritage, la constitution d’un imaginaire par le groupe à travers des connexions et des apparitions. Cette dernière salle est disponible pour être investie par les autres commissaires. Michela Sachetto a ainsi invité Vincent Malassis à composer une pièce sonore en lien avec le papier peint de Bruno Peinado.
    Dans Le Détour, chaque papier peint a une résonance particulière en fonction des espaces et des œuvres qu’il côtoie. Entre design d’intérieur et peinture murale, les papiers peints sont à la fois décor et œuvre, créant une rythmique transversale dans l’exposition 4/4. Des aplats de couleurs à la répétition des motifs, ils sont des écrans de projection pour l’imaginaire, des supports pour créer de nouveaux espaces.


    Autour de l'exposition