• À venir

  • Actuellement

  • Année 2015

  • Année 2014

  • Année 2013

  • Année 2012

  • Année 2011

  • Année 2010

  • Année 2009

  • Année 2008

  • Année 2007

  • Année 2006

  • Année 2005

  • Année 2004

  • Année 2003

  • Année 2002

  • Année 2001

  • Année 2000

  • Année 1999

  • Année 1998

  • Année 1997

  • Année 1996

  • Année 1995

  • Année 1994

  • Année 1993

  • Année 1992

  • Année 1991

  • Actuellement

    Ailleurs ici

    Du 14 novembre 2015 au 14 février 2016

    Une proposition d’Elvan Zabunyan

    Artistes  : Michelle Dizon, Fanch Dodeur et Barthélemy Péron, Andreas Maria Fohr, Renée Green, Thierry Lefébure, Trinh T. Minh-ha, Caecilia Tripp
    En partenariat avec le Musée des beaux-arts de Quimper et Gros Plan

    Collective, cette exposition est une expérience subjective qui s’appuie sur la mise en relation d’œuvres d’art s’intégrant simultanément dans un cadre de recherche et dans un espace amical. Ce dernier point permet de saisir l’importance de la rencontre comme origine d’une réflexion sur un travail artistique et accorde à l’échange par la parole une place prépondérante.

    "Ailleurs, ici" est né du désir de précisément réunir ici, au Quartier, des propositions visuelles qui racontent l’histoire du déplacement culturel. Ce déplacement est d’abord physique — l’artiste se trouve dans un lieu et y enregistre des images —  ; mais il est aussi politique et poétique — l’artiste pense le présent de la culture qu’il interroge et en fait une forme filmique, photographique, sculpturale, littéraire. Ce sont les œuvres qui sont le point de départ du dialogue qu’initie l’exposition. Les Music for (prepared) Bicycles (d’après John Cage et Marcel Duchamp) de Caecilia Tripp, dont les deux étapes se déroulent respectivement à Bombay (2012) et à New York (2013), intègrent la déambulation urbaine dans deux villes aux sonorités complexes qui font écho à celles des bicyclettes créées par l’artiste. Old Land New Waters (2007) de Trinh T. Minh-ha convoque, sous la forme d’un diptyque, la réalité contemporaine d’un Vietnam originel, spirituel et historique où le travail des femmes sur l’eau transforme la grâce fluide en majestueuse résistance politique. La double projection proposée par l’artiste est un essai engagé où le médium numérique se dissout comme d’infinies particules d’eau. C’est par l’eau que commence la vidéo Perpetual Peace réalisée par Michelle Dizon aux Philippines en 2013, l’artiste se déplace en glissant sur la surface aquatique pour observer avec radicalité le mouvement d’un pays, pour saisir la densité d’une histoire contrariée. Le Space Poem #2 (créé par Renée Green en 2009 pour son exposition au Maritime Museum de Greenwich-Londres) est composé des « mots de Laura ». Fidèle à sa méthode de recherche minutieuse, Renée Green reprend ici le poème « There Is No Land Yet » de Laura Riding (1901-1991) dont chaque vers se pose sur les bannières en formant un récit fragmenté qui renvoie à l’eau et à l’imaginaire le plus profond porté par la mer. Images mentales abstraites, interrogations tranchantes, ces mots constituent le socle d’une pensée qui navigue  ; les bannières dans l’espace sont autant de voiles qui appellent le vent. Le déplacement dans l’installation d’Andreas Maria Fohr existe par les points de contact conceptuels qu’il crée dans l’espace qu’occupent ses travaux. Objets, images, sculptures, peintures murales, vidéos, textes, la corrélation entre les médiums agit comme un frottement nucléaire, moléculaire, cellulaire qui provoque au final une étrange explosion/implosion qu’il faut saisir à l’instant où la lumière se produit. La lumière est aussi ce qui meut Thierry Lefébure dans ses déplacements photographiques. En parcourant les paysages les plus divers en Europe occidentale et orientale, aux Amériques, en Asie, en Afrique, il regarde comment le lieu traversé peut s’imprimer sur la surface rayonnante de sa pellicule argentique. Ce qui est saisi avant et après la prise de vue est associée à la lumière qui devient très souvent le déclencheur de l’image à naître. Présentées pour la première fois sous la forme d’affiches de grand format, quinze images des dix dernières années ouvrent Ailleurs ici accompagnées du portrait d’un arbre intemporel de Jean-Baptiste Camille Corot (Paysage de Bretagne,1860-1865, prêté par le Musée des beaux-arts de Quimper) et d’une maquette de bateau en résonance avec les ex-votos marins.

    L’idée du déplacement qui structure l’exposition se fonde sur la possibilité de penser «  l’ailleurs  » ici, maintenant, mais aussi de renverser la perspective et les points de jonction.

    «  Ici  », «  Ailleurs », deux adverbes dont l’étymologie latine désigne respectivement un endroit précis (hic) et un autre lieu (aliore). Sans hiérarchiser les espaces, l’exposition propose de privilégier une rencontre en créant une simultanéité de temporalités. C’est au cœur d’une oscillation, «  comment effectuer le déplacement entre le «  ici  » et l’«  ailleurs  »  ? et vice versa  ?  », que l’on cherche à saisir ce qui se joue dans la distance qui sépare géographiquement, politiquement, culturellement, métaphoriquement les deux lieux à appréhender selon la position que l’on occupe dans le monde. Car il ne s’agit pas de déterminer ce qu’est le «  ici  » ou l’ «  ailleurs  » (ils sont partout là à chaque instant) mais bien l’espace qui les lie ou les éloigne. Puisque le déplacement d’un point à un autre peut être multiple et évoquer à la fois le voyage, la migration, l’exploration, l’exode, ce qui fait le lien de toutes ces conditions est le mouvement nécessaire qui s’y rattache.

    L’exposition souhaite solliciter plusieurs «  ailleurs  » pour les faire naviguer vers le «  ici  » que représente le Quartier et la ville de Quimper, en convoquant à travers les lignes et la mémoire, la longue histoire de la Bretagne dans le commerce maritime à l’époque coloniale.

    Les travaux des artistes précédemment présentés viennent physiquement d’ailleurs et, s’ancrant dans l’espace d’exposition, proposent une conversation. Travailler cette notion de lieu dans sa translation permet de réfléchir à la façon dont l’idée allégorique du «  voyage  » est aussi une façon de découvrir, d’explorer mais aussi d’observer, d’étudier ce qui se joue dans les ondes par l’expérience du déplacement et dans les sillons d’une pensée critique qui s’adosse plus que jamais à l’extrême violence de l’actualité en s’inscrivant dans les interstices d’une Histoire tourmentée. À la manière d’une vague marine, l’exposition portera l’idée contrastée de force et de fluidité, de décentrement et d’aller retour, de turbulence et de persévérance pour poser un regard aiguisé sur la réalité contemporaine du monde aujourd’hui, «  ailleurs  » et «  ici  », «  ailleurs ici  ».


    Vue salle 1 Le Superbe Thierry Lefébure Jean-Baptiste Camille Corot Vue salle 2 Caecilia Tripp Michelle Dizon Fanch Dodeur et Barthelemy Peron Vue salle 3 - Renée Green Renée Green Renée Green Andreas Maria Fohr Andreas Maria Fohr Andreas Maria Fohr Andreas Maria Fohr

    Autour de l'exposition