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  • Aires de jeux : la police ou les corsaires

    3 juillet - 24 octobre 2010

    FLORENCE DOLEAC, ANNE FREMY, LIAM GILLICK, ALLAN KAPROW, MIKE KELLEY, GINTARAS MAKAREVICIUS, ENZO MARI, ROBERT MORRIS, PALLE NIELSEN, EAMON O’KANE, CORIN SWORN, (AVEC NICOLAS PARTY ET CIARA PHILLIPS), PIERRE SZEKELY, VIRGINIE YASSEF
    COMMISSAIRES : KEREN DETTON ET VINCENT ROMAGNY

    [English Below]
    Aires de jeux
    Le Quartier, centre d’art contemporain de Quimper, Micro Onde, centre d’art contemporain de l’Onde de Vélizy-Villacoublay, et Vincent Romagny, commissaire d’expositions et éditeur indépendant, s’associent pour concevoir un projet en trois étapes sur la question des aires de jeux. Deux expositions et une publication.
    Projet satellite de Florence Doléac ADADA
    Exposition du 17 juillet au 26 septembre 2010 au CIAC de Pont Aven / www.ciac-pa.com

    Les sous-titres des expositions Contre-emplacements et La police ou les corsaires reprennent les termes mêmes de Michel Foucault dans son texte Des espaces autres, dans lequel il définit un type d’espace non-utopique, mais précisément réel, hautement transitoire, combinant des qualités paradoxales. On peut considérer que les expositions et la publication sont autant d’efforts pour voir à quelles conditions une aire de jeu peut être ce "contre-emplacement“, et éviter qu’à l’instar "des civilisations sans bateaux les rêves se tarissent, l’espionnage y remplace l’aventure, et la police, les corsaires.“ Elles parient que le regard des artistes sur cet objet risqué permet d’en comprendre les paradoxes, car il dévie précisément des intentions louables qui ont présidé à sa conception. Ces trois étapes (deux expositions, une publication) ont pour but de tester, vérifier voire infirmer l’hypothèse du rapprochement de ces espaces urbains spécifiquement destinés aux enfants et des préoccupations d’un certains nombre d’artistes contemporains qui, loin de s’enfermer dans l’autonomie de leur art, pensent et travaillent les conditions du "vivre ensemble“.

    La police ou les corsaires
    L’exposition “Aires de jeux, la police ou les corsaires“, au Quartier, centre d’art contemporain de Quimper, explore le tiraillement des aires de jeu entre un idéal de réalisation optimale des enfants et une forme de discipline. L’aire de jeux est, à l’image de toute structure éducative, sociale ou de vie en commun, vecteur d’une idéologie qui échappe bien souvent à ses utilisateurs comme à ses concepteurs. L’exposition met en avant les destinataires de ces équipements - les enfants, l’enfance, l’idée d’enfance – et leurs usages des aires de jeux qui en démontrent les dérives possibles… Partant des meilleures intentions, les aires de jeux ne laissent pas facilement percevoir leurs écueils : la qualité de leurs intentions voilerait-elle leurs effets cachés ?
    À travers une sélection d’œuvres qui s’articulent les unes aux autres, l’exposition mêle des pratiques liées à la sculpture, au design et à la performance depuis les années 60 mais ne montre pas d’aires de jeux à proprement parler. Elle commence avec un dessin de Pierre Székely (dont les sculptures praticables dans l’espace public sont remarquables), « à la manière d’un » enfant. Avec son style volontairement maladroit, celui-ci fonctionne comme l’indice d’une conception de l’enfance, de la norme et des contraintes. Un certain nombre d’œuvres, dont certaines inédites, prennent ainsi la forme d’énoncés indiquant un comportement à adopter, autant d’injonctions qui incitent à dénoncer une situation (Liam Gillick), modeler des comportements (Corin Sworn), atteindre la pleine conscience d’actes quotidiens (Allan Kaprow). La question est aussi celle des formes et de leur puissances de contrainte ou de libération, des usages qu’elles induisent (Enzo Mari), des consciences qu’elles modèlent indirectement (Robert Morris), de leurs origines cachées (Anne Frémy) ou historiques (Eamon O’Kane). Quant au salon de lecture de Florence Doléac, il accueille une sélection de livres que le public est invité à découvrir ou relire, qui aident à penser la difficile question de l’efficacité de la pédagogie par les formes. Car il est bien toujours question de l’enfance, que l’on évoquera soit par les pesanteurs qui l’oppressent (Mike Kelley), la répétition qu’elle peut opérer des errances de l’histoire - la guerre (Gintaras Makarevicius), les moyens d’en faire un modèle (Palle Nielsen), ou encore en tentant d’en retrouver l’innocence (Virginie Yassef).

    La police (comprise dans le sens d’une norme imposée de l’extérieur, d’un règlement sans explication) ou les corsaires (la possibilité d’un geste libre et fondateur), telle est bien l’alternative qu’il faut comprendre ici, et qui se pose déjà à même les aires de jeux.

    Playgrounds
    A project in three stages
    The exhibition “Playgrounds : Police or Pirates“ is the third segment of a project also comprising “Playgrounds as Counter-sites“– an exhibition at the Micro-Onde Contemporary Art Centre in Vélizy-Villacoublay – and Anthologie, Aires de jeux d’artistes, jointly published by Le Quartier, Micro-Onde and Infolio. The subtitles of the two exhibitions – Counter-sites and Police or Pirates – reuse terms from Michel Foucault’s Of Other Spaces, in which he defines a kind of non-utopian, very real space combining paradoxical qualities. We can see both the exhibition and the publication as attempts to ascertain the circumstances necessary for a playground to become one of these “counter-sites“ and provide protection against “civilizations without boats [where] dreams dry up, espionage takes the place of adventure, and the police take the place of pirates.“ The exhibitions’ gamble is that artists’ views of the subject can help us understand playgrounds as tricky issues, as potential blind alleys – for do they not sometimes distort the laudable intentions that initially governed their creation ? These three stages, of which the exhibitionhere in Quimper is the last, are intended to test out, verify and even invalidate the notion of a connection between playgrounds – spaces specifically meant for children – and the concerns of a number of contemporary artists who, rather than locking themselves away in considerations of artistic autonomy, are thinking about and working on the preconditions for “living together“.

    Police or Pirates
    The exhibition “Playgrounds : Police or Pirates“ at Le Quartier Centre for Contemporary Art in Quimper, looks at the conflict inherent in playgrounds as both an ideal setting for childhood self-realisation and a form of discipline. Like any educational, social or other shared structure, the playground is a conduit for an ideology which often escapes users and designers alike. This exhibition foregrounds playgrounds’ points of focus — children, childhood, the idea of childhood — and the way their use can give rise to undesirable consequences. Founded on the best possible intentions, playgrounds do not readily betray their potential traps — perhaps because of the veiling effect of those intentions ? In a selection of interconnecting works, the exhibition combines practices related to sculpture, design and performance since the 1960s, without actually showing playgrounds as such. It opens with a drawing by Pierre Székely – whose usable public sculptures are remarkable – done in the manner of a child. With its deliberate clumsiness the drawing points up a certain idea of childhood, its norms and its constraints. A number of works, some of them on show for the first time, thus become statements concerning a form of behaviour : injunctions to take a stand and denounce a given situation (Liam Gillick), to shape behaviour (Corin Sworn) or to achieve full awareness of everyday acts (Allan Kaprow). The issue is also that of specific forms and their capacity to constrain or liberate, of the uses they induce (Enzo Mari), of the awarenesses they shape indirectly (Robert Morris), and of either their hidden origins (Anne Frémy) or their historic ones (Eamon O’Kane). In Florence Doléac’s reading room, the public is invited to (re)discover a choice of books that help clarify the issue of the effectiveness of pedagogical use of shapes, as advocated by Froebel. Childhood remains the key question here, summoned up by the burdens that weigh on it (Mike Kelley) and the repetitions engendered by the ups and downs of history : war (Gintaras Makarevicius), ways of making childhood a model (Palle Nielsen), and attempts to rediscover lost innocence (Virginie Yassef).

    The police (to be understood here as an externally imposed norm, an unexplained set of rules) or the pirates (the possibility of a free, seminal gesture) : this is the alternative to be grasped, one that already looms in our playgrounds.


    Pierre Székely Liam Gillick Mike Kelley Anne Frémy Enzo Mari / Allan Kaprow Florence Doléac / Eamon O'Kane Virginie Yassef Palle Nielsen Gintaras Makarevicius Eamon O'Kane Eamon O'Kane Corin Sworn (avec Nicolas Party et Ciara Phillips) Corin Sworn (avec Nicolas Party et Ciara Phillips)

    Autour de l'exposition