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  • Fayçal Baghriche

    31 janvier - 21 mars 2010

    “Quelque chose plutôt que rien”

    [English Below]
    Fayçal Baghriche : Quelque chose plutôt que rien
    Né en 1972 à Skikda en Algérie, Fayçal Baghriche a étudié à la Villa Arson de Nice avant de s’installer à Paris. Privilégiant la performance, la photographie et la sculpture, il s’est d’abord interrogé sur la place de l’artiste dans l’espace social avant d’intervenir sur des symboles collectifs. Procédant par collecte de récits ou de traces, assemblage d’objets ou de films, l’artiste propose des images qui déjouent les réflexes d’identification. Pour l’exposition Quelque chose plutôt que rien, il réunit un ensemble d’images d’où surgissent des formes involontaires, ainsi que des objets qui se transforment en perdant leur fonction première.

    Dans Les grottes merveilleuses en Algérie, l’artiste enregistre un guide qui, au cours de sa visite, propose des analogies entre les formes des stalagmites et les monuments du monde, comme la statue de la Liberté ou la Tour de Pise. En mettant l’imagination des spectateurs à contribution, l’homme se pose en médiateur entre les formes de cette caverne et le monde extérieur. Comme si préalablement à son existence, la réalité que nous connaissons avait été esquissée dans la roche. Mettant en scène une histoire réinventée depuis la grotte, cette vidéo montre comment le savoir informe le regard. Chez Baghriche, les œuvres confrontent la mémoire et l’imaginaire et produisent des images ambigües. Tentative pour repeindre le mur de Berlin avortée par un citoyen allemand est une performance photographiée où l’artiste tente de repeindre en blanc les graffitis qui ornent le mur de Berlin. L’échec est éminemment subversif : l’interruption par un citoyen conduit l’artiste à effacer ses traces de "blanc“, ce qui réactive une lecture politique des graffitis jusqu’alors figés en tant que témoins historiques. Les interventions artistiques de Baghriche jouent avec différentes formes de distanciation : la vidéo Point, ligne, particules, adaptation du manifeste esthétique de Kandinsky Point, ligne, plan, renvoie dos à dos les canons formalistes de l’abstraction lyrique et ceux du tag. Tournée en temps réel, cette vidéo montre l’artiste muni d’une bombe rouge attendant de réaliser une peinture dont l’aspect dépendra du mouvement et de la vitesse d’un train. Baghriche renonce à transmettre un message politique, social ou artistique au profit d’une mise en évidence des conditions de possibilité et de visibilité de son geste.

    Le contexte du centre d’art est lui aussi indexé comme condition du regard. Dans la première salle d’exposition, les cimaises, fabriquées à partir de toiles tendues sur châssis et repeintes à chaque nouvelle exposition, ont accumulé au fil des ans une couche épaisse de peinture. Si le rapprochement entre la toile tendue des murs du Quartier et l’architecture a déjà retenu l’attention de plusieurs artistes, Fayçal Baghriche a simplement demandé aux techniciens de conserver les toiles enlevées lors de la précédente exposition puis de les replacer au même endroit. Des fissures, liées à la manutention, marbrent la surface murale et témoignent d’une histoire par recouvrements successifs. Fayçal Baghriche déconstruit ainsi l’idée d’un espace neutre et autonome. Il ouvre également des brèches en montrant certains artifices qui contribuent à figer l’imaginaire collectif. Le Message, un péplum culte dans le monde arabe, fut tourné simultanément en deux versions : l’une avec des acteurs arabes et l’autre avec des stars américaines pour une audience occidentale. À partir de ces deux versions originales, il propose de remonter les films ensemble afin de faire dialoguer les acteurs dans leurs langues respectives. Alors que l’industrie cinématographique s’appuie sur des représentations figées qui stigmatisent des publics en les séparant, l’artiste construit un espace d’échange et de rencontre. Cette version redirige l’attention du récit vers le support. Il en va de même avec certaines installations où le message se replie sur lui-même. C’est ainsi que Fayçal Baghriche expose 27 drapeaux de différents pays enroulés sur eux-mêmes : seule est visible la partie rouge qui les compose, ce qui empêche de les distinguer entre eux. Ces drapeaux marquent une occupation des lieux mais ne revendiquent plus aucun territoire.

    Fayçal Baghriche : Something rather than nothing
    Born in 1972 in Skikda, Algeria, Fayçal Baghriche studied at the Villa Arson in Nice before moving to Paris. Primarily concerned with performance, photography and sculpture, he began by looking into the artist’s place in the social arena, then focused on collective symbolism. A collector of narratives and traces and an assembler of objects and films, he proposes images that thwart the identification reflex. The exhibition Something Rather Than Nothing uses images that generate spontaneous forms, together with objects which metamorphose as they shed their initial function.

    For the video Les Grottes merveilleuses (The Marvellous Caves) the artist recorded a guide whose presentation of a tourist site in Algeria adduces a comparison between the stalagmites and such other world-famous monuments as the Statue of Liberty and the Tower of Pisa. Calling on the visitor’s imagination, the guide offers himself as a mediator between the caves and the outside world, as if today’s reality had already been implicit in these underground shapes. In its staging of history being reinvented from inside a cave, the work demonstrates the way what we know shapes what we see.
    In an oeuvre that plays memory off against imagination, images can often be ambiguous. Tentative pour repeindre le mur de Berlin avortée par un citoyen allemand ("Attempt to Repaint the Berlin Wall Foiled by a German Citizen“) is a photographed performance in which the artist, who has set out to repaint the graffiti on the Berlin Wall in white, is interrupted and made to remove the paint by a socially conscious resident. This failure, however, is highly subversive, for the forced disappearance of the white triggers a fresh political reading of the historically fossilised graffiti.
    Baghriche’s projects also make play with various forms of distancing : the video Point, ligne, particules ("Point, Line, Particles“), an adaptation of Kandinsky’s manifesto Point and Line to Plane, refuses both the formalist canons of lyrical abstraction and those of the tag. Shot in real time, it shows the artist armed with a spraycan of red paint as he waits to carry out a painting dependent on the movement and speed of a train. Here Baghriche abandons political, social or artistic messages in favour of the circumstances that render his gesture possible and visible.

    The art centre context, too, is indexed as a precondition for seeing. In the first exhibition room the display surfaces – canvas on stretchers, repainted for each new exhibition – have accumulated a thick coating of paint over the years. The relationship between these stretched canvas walls and Le Quartier’s architecture has already been looked into by a number of artists, but Baghriche simply asked the technicians to put the sheets of canvas – taken off the stretchers after the previous exhibition – back in place. The network of cracks due to handling echoes a history of successive overlays, thus allowing the artist to deconstruct the notion of a neutral, autonomous space.
    In a further breach of standard procedure Baghriche homes in on stratagems that tend to paralyse the collective imagination. The Message, a cult blockbuster in the Arab world, was shot simultaneously in two versions : one with Arab actors, and the other with American stars for Western audiences. Baghriche’s idea was to edit the two in combination and so have the actors dialoguing in their respective languages. Thus where the film industry marks audiences out by separating them, the artist sets up a space for encounter and exchange in a version that refocuses narrative attention on the medium. The same is true of some of his installations, in which the message folds back on itself : when he shows the rolled flags of twenty-seven different countries, all we can see is their red part, which makes it impossible to distinguish between them. These are flags that signal an occupation but make no territorial claims.


    Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche Fayçal Baghriche

    Autour de l'exposition