"Mémoire des lieux - Mémoire du corps"
Si l’on devait définir la pratique de Léa Lublin, au sein de la création contemporaine, on serait tenté de dire qu’elle appartient à la famille des artistes conceptuels. L’activité intellectuelle étant en effet la donnée première d’un ensemble de propositions dont les motivations essentielles consistent à interroger, explorer et au besoin provoquer les différents niveaux de perception que nous pouvons avoir des images et des démarches liées à l’histoire de l’art. Une activité intellectuelle donc, mais que l’artiste concrétise toujours par des structures éminemment visuelles destinées à solliciter le regardeur. « Dans aucune de mes œuvres, dit Léa Lublin, il n’est question de détruire les images existantes. Au contraire je tente de montrer que dans toute construction de l’imaginaire occidental existe un réseau de sens oblitéré ». Ainsi installations, reproductions photographiques à la technique sophistiquée, caissons lumineux, inscription de mots et de signes ou encore utilisation des données de l’informatique fonctionnement comme autant de mises en espace et en perspective qui tendent à rendre » lisible » ce que nous considérons trop souvent comme seulement « visible ».