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Les Jeux interdits

Jeudi 14 octobre 2010 à 20h

Films et de vidéos d’artistes

Projection de films et de vidéos d’artistes


Tom Dale Backseat Driver, 2003 (2’54’’)

Organisée en relation avec l’exposition Aires de jeux, la police ou les corsaires, cette programmation propose des réalisations dans lesquelles le jeu révèle, au-delà d’interdits et de tabous, une façon inhabituelle de s’emparer du réel. Le rapport à l’autre, quelquefois "imaginaire" ou "invisible", y construit un cadre de jeu dans lequel la manipulation des images, aussi bien que l’implication performative du corps, visent à en dépasser les limites.

La programmation comprend les vidéos de Valérie Bäuerlein, Rebecca Bournigault, Tom Dale, Eric Le Vergé, Artur Zmijewski, et le film de Marie Poitevin avec Julien Blaine.

Courtesy : Valérie Bäuerlein, Julien Blaine, Tom Dale, Marie Poitevin, Eric Le Vergé, Galerie Frédéric Giroux et Zacheta, Narodowa Galeria Sztuki

Entrée libre / Durée env. 1h30

TOM DALE Backseat Driver , vidéo, 2003, 13’

Tom Dale prend le familier et le rend étrange. L’art est pour lui la conséquence de cette action. La fabrication qui force l’interprétation aussi bien qu’une prise de conscience de son processus constituent les principales motivations de sa pratique artistique. L’artiste accentue les excès dans ses œuvres en même temps qu’il recherche à restreindre leurs formes. Dans la vidéo Backseat Driver, le spectateur est amené à suivre et à compléter le parcours que l’artiste effectue en vélo, les yeux fermés. Au risque d’une collision, il poursuit son chemin mettant en jeu sa capacité d’affronter l’imprévu. Tout voyage contient l’éventualité d’un danger cependant la détermination de son entreprise l’emporte sur la peur de l’incertain qu’il inspire. La démarche réalisée ne peut être perçue dans son intégralité que par les autres et toujours à posteriori.

Tom Dale est né à Kendal (Angleterre) en 1974. Il est diplômé de Goldsmiths académie des Beaux-Arts. Ses expositions récentes incluent, entre autres : Senseless Violence, Centrum Vor Junge Kunst, Ghent, 2010, Videonale 12, Gallery of Modern Art, Glasgow 2010, Kunst Museum, Bonn 2009, Deceitful Moon, The Hayward Gallery 2009. Kings Island, Plymouth Art Centre, 2008. Six Flags, Centre for Contemporary Art Warsaw, 2008. www.daletom.com

JULIEN BLAINE L’éléphant et la chute , 2006, 13’, film réalisé par Marie Poitevin, Le G.R.E.C.

Julien Blaine (Christian Poitevin) est un poète français, l’un des créateurs de la poésie action. Son travail d’artiste se développe depuis les années 60 en une pratique polymorphe et transversale qui le situe tout autant dans les champs de la poésie que des arts visuels.
Il crée sa première revue à l’âge de 20 ans : Les carnets de l’Octéor, et parallèlement, entame avec Reps éléphant 306 une pratique de la performance, la poésie action. En 1973, Julien Blaine fonde la revue internationale Doc(k)s, considérée aujourd’hui comme l’une des revues précurseurs de la poésie contemporaine française, un réel document de toutes les modalités poétiques contemporaines et un carrefour d’expériences d’écriture. En 1990 Julien Blaine confie la direction et l’édition de Doc(k)s à Akenaton (Philippe Castellin et Jean Torregrosa), groupe de poètes et performers intermedia. En 1988, il crée, après celles de Cogolin, les rencontres internationales de poésie de Tarascon, puis en 1989 le Centre international de Poésie de Marseille (CIPM), le Système Friche Théâtre de la Belle-de-Mai et Musée d’art contemporain (M.A.C.), alors qu’il est l’adjoint à la culture de la ville de Marseille (1989-1995). Tout au long de ses activités, Julien Blaine poursuit sa recherche sur la poésie élémentaire, “forme d’archéologie poétique de la naissance du langage et de sa transformation dans le temps“.
En 2004, après une tournée d’un an intitulée Bye, Bye la Perf, il abandonne la pratique de la performance et oriente son mode d’intervention, davantage relié au langage qu’à l’action, vers les “démonstr’actions“ et “déclar’actions“, qu’il réalise en solo ou avec différents partenaires, poètes ou musiciens.
Julien Blaine, l’éléphant et la chute est un film réalisé par sa fille, cinéaste, Marie Poitevin en 2006. Il comprend des images de la performance Chute-chut ! (des escaliers de la gare St Charles) 1962-1982“, extraites du film réalisé par Sarenco En attendant la 3ème guerre mondiale.

Julien Blaine est né en 1942 à Rognac. Vit et travaille à Ventabren et Marseille. Ses récentes expositions individuelles ont eu lieu à la galerie du théâtre de Privas (2010), au MAC, à Marseille, au Museion di Bolzano en Italie, à la Galerie Jean-François Meyer à Marseille, à la Librairie Mazarine à Paris (2009). Julien Blaine a publié de nombreux livres et plus d’une centaine de petits formats ou de livres d’artiste.
http://www.documentsdartistes.org/a…

ERIC LE VERGÉ Just a Game I , vidéo couleur, son, 45’’, 2005, Just a Game II, vidéo couleur, son, 1’ 44’’, 2005.

Depuis 1997, le travail d’Eric Le Vergé interroge les dualités identité/altérité et corps/âme, soit un questionnement croisant le politique et le spirituel, l’intellect et le sensible. L’artiste convoque des pratiques relationnelles, performatives, scénographiques, à travers divers médiums et procédures : installation, vidéo, photographie, performance (happening, action sonore, action filmée…), création sonore et musicale, sculpture, dessin, œuvre participative, édition, échange épistolaire, blog… Dans les deux vidéos Just a game I et Just a game II, Eric Le Vergé pose la question du jeu qui relève du collectif et du personnel, des mécanismes qui transforment le plaisir fédératif en conflit compétitif. “Le jeu est-il liberté, le sport est-il libéral ? Cette dualité du jeu dans le sport est-elle vecteur d’une culpabilité, voire d’un sadisme ? Ces deux vidéos questionnent cet en-jeu. J’ai pratiqué le basket-ball en compétition durant vingt-cinq ans, dont les trois dernières en refusant de jouer le jeu de la compétition. La pression du nous au jeu (jouer contre) dépassant le plaisir du je au jeu (jouer avec), j’ai dû finalement renoncer au jeu pour retrouver un je qui ne soit ni un jouer contre, ni un jouer avec, mais un jouer autre.“

Eric Le Vergé est né à Rennes en 1965. Après avoir pratiqué la photographie, la vidéo et les procédures relationnelles, le son est devenu son médium principal. Parallèlement à ses recherches personnelles en improvisation vocale et création sonore, il est membre du COLLECTIF eDS et co-responsable des éditions d’artistes contemporains ESPACE DIGITAL SPORADIQUE.
http://www.myspace.com/elvosund1

VALERIE BÄUERLEIN Quid pro quo , vidéo couleur, 2005, 2’55’’

Cinéaste et auteur, basée à Berlin, Valerie Bäuerlein réalise des films, des vidéos à la frontière des arts visuels et du cinéma. Le mode cinématographique se retrouve dans ses courts-métrages et rend présents les moyens techniques (matériaux, plans, coupes de montages, surexpositions…) dans leur réalisation définitive. Dans Qui pro quo l’artiste présente un homme et une femme qui s´adonnent à une danse dans un espace scénique délimité. Leurs mouvements semblent dépendre du cadre fixe, à travers lequel ils s´exposent devant la caméra et laissent celle-ci prendre part à leur jeu. La bobine de pellicule de 30 m, utilisée dans toute sa longueur pour ce plan, définit la durée de la scène.

Valerie Bäuerlein est née en 1979 à Augsburg en Allemagne. Elle a étudié de 2003 à 2007 la photographie et les arts visuels à Leipzig et depuis 2007, la mise en scène à l’Ecole de cinéma de Berlin. Elle a participé, entre autres, à des expositions à Baumwollspinnerei de Leipzig, à Platform à Berlin et à Passerelle, centre d’art de Brest. Actuellement est invitée en résidence d’artistes Les Verrières à Pont Aven.

REBECCA BOURNIGAULT Saliva , vidéo couleur, 2006, 2’58’’

Rebecca Bournigault utilise la vidéo, la photographie et la peinture. Son travail influencé par l’actualité, la vie quotidienne, la musique… utilise l’intime afin d’atteindre l’universel. Chaque œuvre comporte un monde en soi, une histoire. Les aquarelles et les photos sont en général réalisées en séries qui, prisent dans leurs totalités, fonctionnent comme des mises en scène où la question des rapports entre les êtres est un thème récurrent. Son œuvre propose ainsi des situations où l’autre se révèle autant par ses silences que par ses récits.
La vidéo Saliva met le spectateur à l’épreuve en le confrontant à un événement violent dans lequel la résistance de l’acteur principal accentue la tension mise en scène.

Rebecca Bournigault est née en1970 à Colmar. Elle est diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Bourges. Elle enseigne à l’école des Beaux-Arts d’Annecy. www.rebeccabournigault.com

ARTUR ZMIJEWSKI Powtorzenie (Répétition) , 2005, vidéo couleur, 40’

Auteur d’objets photographiques, de photos et de films vidéo, Artur Zmijewski est également curateur indépendant, rédacteur de la revue d’art Czereja, auteur des textes critiques sur l’art. Il développe une démarche engagée qui explore les tabous d’une société et ses limites de l’acceptation de l’autre dans sa différence (infirmité, maladie, situation sociale, politique, confession religieuse). Face aux stratégies de séduction médiatique des industries cinématographiques et télévisuelles, ses films questionnent le rôle du spectateur en le confrontent à son comportement voyeur, à son goût de l’obscène et à sa compassion. La Répétition est un film sur l’expérience, menée par professeur Zimbardo à l’université de Stanford aux États-Unis en 1971. Elle consistait à analyser le comportement de deux groupes d’étudiants jouant les rôles de gardiens et de prisonniers pendant deux semaines. Après six jours, elle a du être arrêtée suite aux violences qu’elle a déclanchées chez les participants. Répétition d’Artur Zmijewski rejoue cette expérimentation.

Artur Zmijewski est né en 1966 à Varsovie en Pologne. Il est diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie. Ses œuvres ont été exposées à Manifesta 4 à Francfort s/Main, à la Biennale de Venise en 2005, à la Documenta XI de Kassel en 2007.